Du bonheur à la gaîté lyrique

En ce moment à la gaîté lyrique se déroule l’exposition intitulée ‘The Happy Show’. Réalisée par l’artiste autrichien Stefan Sagmeister, cette exposition sur le thème du bonheur vaut la visite à bien des détours.

Tout d’abord, les explications sont écrites de la main de l’artiste, nous donnant l’impression d’être en contact direct avec lui et non d’être en train de regarder l’exposition d’une personne venant d’une autre planète, comme c’est souvent le cas.  Sur les murs, sur les supports, la plupart des inscriptions portent la marque de l’artiste ; la sensation de proximité est si prégnante que dans le couloir liant les deux étages de la conférence, les visiteurs se sont appropriés les murs pour y passer des messages sur leur vision du bonheur. Cette sensation de participation à l’exposition est largement renforcée par le côté didactique puisque l’on est invité à toucher, dessiner, expérimenter, un peu à la manière de la cité des sciences. Tout est fait également pour effacer ou du moins abaisser les barrières entre les gens, puisque chacun reçoit une carte au début de l’exposition avec un défi, souvent destiné à interagir avec les autres visiteurs ; on est alors invité à parler, jouer un rôle ou rire avec un ou une inconnu(e). Ce qui aurait pu être une exposition théorique sur le bonheur devient un véritable atelier dédié à ce sujet. Sur les murs sont projetées de magnifiques vidéos crées par l’artiste où les expressions et les conseils de l’artiste sont dessinées par des fleurs, des arbres ou inscrits sur des ballons. On peut ainsi lire comme dans le film de 12 minutes projetés, «having guts always works out for me » (avoir du cran fonctionne toujours pour moi) sur des ombres et supports divers. Tout est filmé au ralenti, c’est une véritable invitation à la méditation qui nous est proposée.

Enfin, ceux qui cherchent des résumés des recherches scientifiques ne seront pas en reste puisque les résultats de recherches phares sur ce thème sont présentés de manière synoptique. Les recherches mondialement connues de Sonja Lyubomirsky sont mises en lumière : on nous rappelle que 50% de notre bonheur est inné, 10% est dû aux circonstances de la vie et 40% à ce que nous faisons de notre vie. On voit ainsi une échelle du bonheur montrant que les femmes, qu’elles soient célibataires ou  mariées sont toujours plus heureuses que leurs homologues masculins. Maigre compensation messieurs, les hommes divorcés sont plus heureux que les femmes divorcées, mais, pas de précipitation, ceux-ci restent moins heureux que les hommes mariés ! On y voit également les fameuses cartes présentant les niveaux de bonheur à travers le globe, mettant en avant les pays Anglo-Saxons ou les pays d’Amérique latine. Au rayon des activités, une échelle nous montre que travailler, méditer ou faire l’amour sont des activités nous apportant du bonheur alors que regarder la télévision est une activité pénalisante  pour l’atteindre. Plus d’information sur ces recherches dans de futurs billets…

En bref, une exposition belle et agréable, bien agencée et bien mise en avant, alors n’hésitez pas à y aller et à mettre en avant ces enseignements !

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Le marketing Converse ou l’injonction à la jouissance

Les dernières réclames de Converse méritent qu’on s’y attarde à bien des égards. Tout d’abord le slogan ‘Shoes are boring, wear Sneakers’. Le sneaker, chaussure sport pouvant se porter comme chaussure de ville, souvent accompagné d’un jeans, tend à donner un style un peu rebelle, un peu street, un peu alternatif. Converse, en opposant le sneaker à la chaussure ‘classique’ tente de l’extraire de l’ensemble ‘chaussure’ et ainsi de lui donner un statut à part, résolument différent, voire opposé, un peu à la manière du baroque et du classique. La campagne de publicité se construit sur cette opposition ; la chaussure est classique, rigide, ennuyeuse (boring), la sneaker est alternative, drôle, fun. Les oppositions dans les publicités sont d’ailleurs claires : on a d’un côté les chaussures qui sont portées par des gens bien comme il faut, propres sur eux et qui se lèvent tôt et de l’autre les sneakers qui sont portées par des gens qui se couchent après le lever du soleil, qui font la fête et qui adoptent des comportements à risque. En faisant un panorama des différentes publicités : sur fond de music hard rock, on y oppose un homme en costume dans un ascenseur à un groupe de musiciens amateurs cassant des enceintes, des adultes avec des lunettes, l’air ennuyeux, faisant de la marche rapide à une bande de jeunes, hilares, mangeant de la junk food à l’aube, un cinquantenaire dansant péniblement sur une piste de danse vide, sous boule à facettes, à une bande de jeune, toujours hilares, mettant les pieds sur des canapés, un couple souriant dans un bonheur de façade à un couple faisant l’amour dans un bac d’oranges dans ce qui ressemble à une station de métro, une cinquantenaire portant une fourrure, l’air hautain à une bande de jeune avec des sweets à capuche faisant du BMX sur le trottoir, des jeunes tombant de skateboard ou sautant de falaises. On semble ainsi mettre en opposition deux conceptions de la vie, deux conceptions du bonheur, un bonheur paisible, petit bourgeois, basé sur l’effort et le travail à une conception pseudo-hédonique, basée sur la jouissance immédiate et l’obligation de profiter du moment présent.

Derrière l’injonction au bonheur actuelle qui peine parfois à trouver écho chez les individus, notamment chez les jeunes, l’idéologie, faute de trouver écho dans un bonheur tranquille et paisible, difficile à atteindre, met en avant l’intensité, mélangeant hasardeusement bien-être et sensations fortes. Il faut dès lors ‘vivre intensément’, ‘ne rien regretter’, adopter des comportements à risque, rejeter la grisaille au profit de la griserie, autant de signes qui peuvent être vus comme une déformation de la recherche du bonheur[1]. Faute de sens, l’hédonisme, loin de l’épicurisme originel, tombe dans une jouissance mal maîtrisée[2]. La stratégie marketing de Converse est en ligne avec cette injonction à la jouissance, en mettant en avant l’inconvenant, l’interdit et les comportements à risque, mis en relief par rapport à cette vie ennuyeuse et bourgeoise. Converse tente de s’infiltrer dans cette quête de jouissance mal contrôlée et s’adresse donc à un public jeune en pertes de repères, comme l’indique l’usage du hard rock ; si le bonheur placide, la quiétude paraissent de plus en plus durs à atteindre, la jouissance est à la portée de tout le monde (peu importe le prix que sa quête peut occasionner). Converse tente ainsi de créer un créneau hors de la chaussure en opposant deux types de bonheur ; à quand la prochaine ‘happiness is boring, choose pleasure’ ?


[1] Cf Le Breton, Conduites à risque : des jeux de morts au jeu de vie

[2] Cf Liarte, Le bonheur, une interprétation affective

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Interview Fabrique Spinoza

http://fabriquespinoza.fr/actualites/interview-n3-gael-brule-directeur-scientifique/

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Gaël Brulé a rejoint la Fabrique Spinoza, dès l’origine de l’aventure. Il a très vite joué un rôle majeur au sein de notre think tank en tant que Directeur Scientifique. Les recherches qu’il mène actuellement en sociologie du bien-être permettent à la Fabrique Spinoza de bénéficier de son expertise scientifique sur les réflexions et publications qui en émanent.

 

1/ Comment as-tu connu la Fabrique Spinoza ? Qu’est-ce qui t’a motivé dans le fait de rejoindre ce projet du bonheur citoyen ?

C’était début 2011. J’avais lu quelques mois auparavant des sondages mettant d’une part, la France en tête des pays ou il faisait le mieux vivre pour la cinquième année d’affilée et d’autre part, montrant que les Français étaient parmi les moins satisfaits des pays développés. Je venais de commencer un doctorat en sociologie du bien-être à l’Université Erasmus de Rotterdam et j’étais déterminé à résoudre ce mystère. Mon professeur Ruut Veenhoven m’a alors précisé qu’Alexandre Jost était sur le point de créer un think tank du bien-être citoyen ; Alexandre et lui s’étaient connus lors des diners du bonheur, « l’ancêtre spirituel » de la Fabrique Spinoza. J’ai alors regardé sur internet sur ce qu’était un think tank et j’ai pensé, à l’époque, que créer un think tank du bien-être citoyen demandait beaucoup de courage ! Dès ma première rencontre avec Alexandre, son projet m’a plu et j’ai décidé de me joindre à l’aventure. Vue des Pays-Bas, la recherche sur le bonheur en France était quasi inexistante et je voulais faire bouger les lignes, tant au niveau académique, institutionnel, que citoyen. La Fabrique Spinoza était le moyen de faire cela.

 

2/ Quel rôle joues-tu en tant que Directeur Scientifique de la Fabrique Spinoza ?

En tant que Directeur Scientifique, je fais partie du bureau de la Fabrique Spinoza, dans ce cadre je participe aux réunions qui ont trait aux décisions stratégiques. Mon rôle consiste également à favoriser notre visibilité dans le monde scientifique. Je représente la Fabrique Spinoza dans les colloques et forums liés au bien-être citoyen ou à la psychologie positive, aux niveaux national et international. Je porte notre action auprès des chercheurs de notre écosystème. Ainsi, Philippe d’Iribarne et Gilles Lipovetsky ont-ils récemment rejoint le groupe des « sages » de la Fabrique Spinoza (1), dont fait également partie Ruut Veenhoven. De même, début 2013, nous avons organisé un diner regroupant des scientifiques qui travaillent sur le sujet du bonheur. A cette occasion, certains d’entre eux ont insisté sur la prévalence de l’éducation comme facteur déterminant au bonheur citoyen. Forts de ce constat, nous avons créé un groupe de travail sur l’éducation que je pilote depuis. Notre mission consiste à étudier les incidences de l’éducation sur le bonheur citoyen et à analyser les expériences d’éducation positive. Ce sont souvent des initiatives menées par des écoles alternatives.

 

3/ Le groupe de réflexion sur bien-être et éducation vient de publier un rapport d’étape sur le bien-être dans l’éducation à travers l’expérience du flow. Peux-tu nous préciser les résultats de vos recherches et les prochaines étapes que vous envisagez ?

En effet, il y a quelques semaines, nous avons publié sur le site de la Fabrique Spinoza, un rapport d’étape intitulé « Bien-être et éducation : comment mettre le système éducatif au service de l’épanouissement des élèves ? » (2). L’éducation étant l’un des grands piliers sur lesquels repose toute société, nous nous devions de réfléchir à la question, même si le champ est extrêmement vaste. Nous avons choisi d’aborder cette problématique sous l’angle du flow. Ce concept a été développé par Mihaly Cziksentmihalyi, un psychologue hongrois spécialisé en psychologie positive, qui définit le flowcomme un état d’immersion très poussée dans une activité et généralement associé à une sensation de bien-être, qui donne à la personne qui l’a ressentie une envie de la renouveler.  Partant de cette approche, nous avons envisagé sept préconisations : apprendre par l’activité, développer l’apprentissage collaboratif, utiliser des jeux éducatifs, donner davantage de liberté aux élèves et enseignants, diversifier les méthodes d’évaluation, soutenir davantage les enseignants sur la pédagogie et améliorer l’environnement d’apprentissage.

Suite à ce premier rapport, qui constitue un rapport d’étape, le but de notre groupe de travail est, désormais, de creuser certaines de nos préconisations pour en faire des livrables concrets. Nous menons une réflexion en particulier sur l’aide à la pédagogie aux enseignants et sur l’architecture scolaire. Ce dernier sujet me tient tout particulièrement à cœur, puisque je suis moi-même cogérant d’une agence d’architecture et d’urbanisme !

 

4/ Et pour finir, que souhaites-tu aux lecteurs de cette interview pour 2014 ?
J’aime beaucoup la citation d’Eleanor Roosevelt pour qui, en substance, « le bonheur n’est pas un but… c’est un sous-produit d’une vie bien vécue » (« Happiness is not a goal…it’s a by-product of a life well lived »). Aussi, au-delà de souhaiter une heureuse année à venir, je souhaite à tout le monde d’être un peu plus ouvert et plus généreux en 2014 qu’en 2013, le reste suivra !

Propos recueillis par l’équipe de communication

 

1. Les sages de la Fabrique Spinoza : http://fabriquespinoza.fr/presentation/notre-fonctionnement/nos-sages/

 

2.  Le rapport complet est accessible sur le site de la Fabrique Spinoza : http://fabriquespinoza.fr/wp-content/uploads/2013/11/Fabrique-Spinoza-Bien-être-et-éducation-novembre-final.pdf.

 

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The happiness of Turkish immigrants in the Netherlands

An article read on talkinbusiness about happiness research in the Netherlands around leading scholars such as Ruut Veenhoven. 

Visiting SBE scholars Devrim Dumludag and Özge Gokdemir on 10 June 2013 presented a video about their research project on “The happiness of Turkish immigrants in the Netherlands” at the NWO Bessensap Video Contest in The Hague. Their research project was one of the five winning submissions for the NWO Bessensap video contest. This annual event is the main gathering of all scientific journalists in the Netherlands. 

Özge Gokdemir and Devrim Dumludag studied the happiness of Turkish immigrants in the Netherlands. Although the Netherlands is one of the happiest countries in the World, Turkish immigrants are the least happy group in the Netherlands. This observation becomes interesting as economic theory argues that economic well-being brings happiness as well. However, this is not the case for Turkish immigrants which are doing good in economic terms.

http://vimeo.com/66560727

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Veenhoven-Evidence based pursuit of happiness

Ruut Veenhovens’ reflexions:

Why pursue happiness?

Is happiness knowable?

  • Can happiness be defined?
  • Can happiness be measured?
  • Can causes of happiness be identified?

State of knowledge about happiness

  • What we should know
  • What we do know
  • What we can get to know

http://www.youtube.com/watch?v=Qf_EArDBhm8&feature=share

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